Suspendu à Lokeren, Jan Polak (28 ans) fêtera son retour, dimanche, lors du choc contre Bruges. Les matches musclés sont faits pour l'international tchèque. Mais celui-ci évite de mettre de l'huile sur le feu. Il sait qu'Anderlecht va jouer toute sa saison ainsi que son avenir au cours des six prochaines rencontres. Il prône la sérénité.
« Monter sur la pelouse, dimanche, animés par un sentiment de revanche suite au match aller (NDLR : on se souvient de l'exclusion de Frutos notamment), serait une erreur, estime-t-il. On doit impérativement battre Bruges tout simplement parce que nous n'avons plus droit à l'erreur dans la course au titre, point final. Nous sommes généralement meilleurs dans les gros matchs. Bruges reste une très bonne équipe, mais on a les qualités pour le battre. » Décevant lors de ses six premiers mois au parc Astrid, Jan Polak est devenu l'un des leaders du Sporting depuis un an et demi.
« Ce statut de patron n'est pas une obsession, assure-t-il. Dès que je monte sur un terrain, je me comporte de la sorte, c'est naturel. » S'engager et mettre le pied, parfois de manière excessive, fait également partie du caractère du Tchèque. « Le football moderne étant de plus en plus axé sur le physique, j'en profite car c'est mon style de jeu, explique-t-il. Mais il est faux de dire que je joue au méchant pour compenser la gentillesse excessive de mes coéquipiers. À chacun sa nature. J'ai toujours aimé aller au contact. Gamin, je jouais au hockey sur le terrain de foot du quartier, à Brno. On déversait de l'eau sur le béton et, le lendemain, on avait notre terrain de hockey sur glace. Mais je pense que cela n'a pas influencé mon style en tant que footballeur. Ce souci de l'engagement, c'est inné. »
L'ancien sociétaire de Nuremberg lève rarement le pied mais il donne parfois l'impression d'évoluer avec le frein à main depuis janvier. « J'ai été malade lors du stage hivernal à La Manga, note-t-il. Du coup, ma condition physique était moins bonne. Ariël Jacobs a alors opté pour un système tactique au sein duquel je devais essentiellement me concentrer sur mes tâches défensives. Comme cela a bien fonctionné, on a conservé ce système. Mais cela évoluera peut-être dans les prochaines semaines car j'ai retrouvé une bonne condition et j'adore m'infiltrer dans le camp adverse. » Jan Polak n'est pas du genre à fuir ses responsabilités. Lorsqu'on évoque ses prestations des dernières semaines, il avoue volontiers qu' « elles n'ont pas été exceptionnelles. »
L'affiche de dimanche pourrait lui servir de déclic pour être décisif dans le sprint final. À moins que ce ne soient plutôt les détails qui fassent la différence dans le chassé-croisé entre Mauves et Rouches...
« Je n'ai pas envie de commencer à parler du Standard, de dire que les Rouches sont plus forts ou moins forts que nous, coupe-t-il. Je me garderai bien, aussi, d'affirmer que nous serons champions si nous faisons un six sur six contre Bruges et à Westerlo. Il nous faut des actes, pas des paroles. Ce n'est pas en discutaillant comme je le fais ici avec vous qu'on décrochera le titre mais bien en se concentrant exclusivement sur notre propre jeu et sur notre propre équipe. Parler de notre programme et de celui du Standard ne sert à rien. On ne doit avoir qu'un objectif en tête : gagner les six derniers matchs. Personnellement, je ne pense plus qu'à ça. L'an passé, j'ai remporté la coupe de Belgique avec le Sporting. Si je décroche mon premier titre en mai, le bilan de mes deux saisons au parc Astrid sera très positif. Dans l'ensemble, je suis devenu un joueur plus mature et plus complet que lorsque je suis arrivé de Nuremberg. »
Bruges, dimanche, et le Standard, à plus long terme, en feront-ils les frais ?