Sud Presse Sports a effectué une enquête auprès de deux intimes des Argentins du Sporting. Gérard Witters, le bras droit d'Herman Van Holsbeeck et spécialiste du pays, et José Garcia, team manager et proche des joueurs hispanophones.
Un constat : ils sont tous différents. “À l'exception de Losada, qui est plus Espagnol qu'Argentin, les gauchos sont effectivement un brin plus sensibles que la moyenne”, disait José Garcia.
“Frutos n'est pas Losada et Biglia n'est pas Suarez”, ajoutait Gérard Witters. “Ils proviennent de villes mais aussi de milieux très hétéroclites. Frutos et Losada, c'est plutôt la classe moyenne avec un niveau d'instruction. Biglia, c'est un milieu plus ouvrier et Suarez, c'est franchement défavorisé. Lucas et Matias sont plus introvertis. Ce n'est pas simple de connaître le fond de leur pensée.”
“Hernan Losada possède une mentalité très européenne. Il est plus cartésien que les autres et parvient à relativiser. Pour le moment, il est déçu, mais il ne va pas craquer. Au contraire. Il est déterminé et ambitieux mais sait par qui il est barré ”, affirmait José Garcia. “Il a un gros mental. Il ne va pas se liquéfier ni douter. Au contraire. Il est venu pour réussir et il va tout faire pour cela. C'est son caractère qui lui a déjà permis de percer jadis au Germinal Beerschot alors que trois de ses compatriotes sont repartis”, poursuivait Gérard Witters.
“Nicolas Frutos était le premier Argentin à débarquer et il fut un exemple d'intégration”, expliquait José Garcia. “Mentalement, il est costaud. Dans le cas contraire, avec toutes ses opérations, il aurait déjà raccroché. Sincèrement, son absence pèse dans le vestiaire et auprès de Biglia et Suarez.”
“Lucas Biglia est un introverti et il ne va pas changer à son âge. Il a tout le temps besoin de parler, d'être rassuré. Dimanche, il m'a téléphoné à trois reprises”, lançait le team manager. “Hier, au moins deux fois. L'absence de Nicolas Frutos l'a un peu déstabilisé, d'autant que Nicolas Pareja n'est plus là.”
“Matias Suarez est très jeune et provient d'un milieu défavorisé. Je pense qu'il fait vivre une bonne partie de sa famille à Cordoba. Il faut sans cesse être derrière lui. À l'entraînement, mais aussi dans la vie quotidienne. Il doit trouver des repères et cela prend un peu de temps”, concluait José Garcia.